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Le Fenouillèdes

Le département des Pyrénées-Orientales est un véritable patchwork de paysages différents et contrastés. Plaine maraîchère du Roussillon, plages de la Côte radieuse, sommet enneigé du Canigou, massifs calcaires des Corbières, garrigue, forêts denses, vignoble… Le Fenouillèdes en est la partie Nord-Ouest à la frontière de la Haute-Vallée de l’Aude. C’est une région de petite montagne, au climat méditerranéen. On y trouve de petits villages perchés sur des collines boisées, des châteaux cathares accrochées à des crêtes rocheuses, des gorges vertigineuses, des rivières limpides, une faune et une flore luxuriante dont de nombreuses espèces sont protégées. A cela s’ajoute une richesse géologique étonnante, telle la barre calcaire du synclinal de Saint-Paul qui borde toute la vallée de l’Agly.

L’Agly, qui veut dire aigle, est le troisième fleuve du département. Il est un des maîtres d’oeuvre de la physiologie du Fenouillèdes. Il prend naissance dans l’Aude, au Pech du Bugarach et traverse les Pyrénées-Orientales d’Ouest en Est pour rejoindre la mer au Barcarès. C’est lui qui a formé les Gorges de Galamus en se creusant un passage à travers les Corbières. Mais au lieu de faire tranquillement  son lit dans la vallée, il bifurque vers le Sud, traverse Saint-Paul-de-Fenouillet pour se creuser à nouveau un passage dans la montagne, au Clue de la Fou. Pour calmer sa fougue, les hommes le contiennent dans le plan d’eau de Caramany, où ils ont érigé un barrage.

Préhistoire  du Fenouillèdes

Habitée depuis la préhistoire, colonisée par les Romains, marquée par la proximité de la frontière espagnole et la présence des Cathares, son histoire a laissé de nombreux monuments et marqué l’âme et le cœur de ses habitants. Fait remarquable, le crâne du plus ancien hominidé d’Europe fut trouvé en limite du Fenouillèdes, dans une grotte au-dessus de Tautavel. Cet homo erectus, nommé l’Homme de Tautavel, aurait 450 000 ans. Le musée préhistorique de Tautavel retrace son histoire. Pour mémoire, l’homo sapiens, c’est-à-dire nous, n’apparaîtra en Tanzanie, qu’en – 60 000.

En -10 000 commence le Néolithique, c’est-à-dire, la sédentarisation et la naissance de l’agriculture. On trouve les premières traces humaines en Fenouillèdes lors de période mégalithique, c’est-à-dire la période qui s’étend de – 5000 à – 1500 avant J.C. Le mégalithique est appelé ainsi parce que les hommes érigent des monuments en pierre, dolmens et menhirs. Une magnifique sépulture collective intacte datant de – 4500 ans fut découverte dans une grotte près de Bélesta. Elle a été reconstituée et est exposée dans le musée château de Bélesta. Les dolmens de Felluns et de Trilla ainsi que le dolmen de Prats-de-Sournia  datent de – 2500 à – 2000.

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Histoire du Fenouillèdes

De la période celte on ne garde pas de trace. En 121 avant J.C. les romains s’installent dans une région délaissée. Bien organisés, ils vont structurer les terres en domaines et construire les infrastructures nécessaires au développement, tel l’aqueduc d’Ansignan. La chute de l’empire romain voit l’arrivée des wisigoths (408) puis celle des sarrasins (735). Le territoire s’appauvrit et se dépeuple à nouveau. C’est au haut Moyen-Age avec Charlemagne (811) que le Fenouillèdes redevient prospère. En effet le fondateur de la dynastie carolingienne, chasse les Sarrasins de l’autre côté des Pyrénées et les chrétiens reviennent s’installer dans la région. Entre les 8ème et 11ème siècle vont se créer la quasi-totalité des villages de la région.

Pépin le Bref, fils de Charlemagne, rattachera le Fenouillèdes à la couronne de France. La région est placé sous l’autorité des vicomtes de Fenouillet dont on a une première trace en 904. Le siège de la vicomté se situe au château Saint-Pierre à Fenouillet. Une belle promenade permet de le découvrir.

En 1208 démarre la Croisade des Albigeois. Le roi de France, s’allie à la papauté, sous prétexte de croisade contre l’hérésie cathare pour soumettre les Seigneurs du Sud. Les châteaux dit « cathares » où vont se réfugier les « hérétiques » tombent les uns après les autres. En 1258, le traité de Corbeil. défini les nouvelles frontières de la France et de l’Espagne. Louis IX renonce à la catalogne française et Jacques Premier roi d’Aragon renonce aux territoires bordant la Méditerranée, ancienne Septimanie. Le Fenouillèdes devient français, alors que le reste du département actuel devient espagnol formant la province unie des deux Catalognes de part et d’autres des Pyrénées. Ce n’est qu’en 1659, 400 ans plus tard qu’avec le traité des Pyrénées, la France trouve ses frontières actuelles.

En 1790, l’Assemblée Constituante créé les départements. La Catalogne française n’étant pas assez grande pour former un département, on lui rattache une partie du Fenouillèdes.