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Saint-Martin du Canigou

Au cœur du massif du Canigou, l’Abbaye de Saint-Martin du Canigou fut fondé par les moines bénédictins. Sur son nid d’aigle, à 1055m d’altitude, elle est un joyau du premier art roman catalan. Elle demeure un lieu de spiritualité puisqu’une communauté religieuse : la Communauté des Béatitudes y demeure.

Histoire de Saint-Martin du Canigou

Saint-Martin est fondé au 10ème siècle par Guifred II comte de Cerdagne. L’église fut consacrée le 10 novembre 1009 par l’évêque d’Elne. Lorsque Guifred II meurt en 1049, l’abbaye commence à décliner. Elle est alors rattachée à l’abbaye de Lagrasse. En 1428, lors d’un grand tremblement de terre elle fut partiellement détruite. Les travaux de reconstruction prirent de longues années en raison de l’insuffisance de moyens. Lors de la Terreur, l’abbaye fut fermée après expulsion des derniers religieux, et tous ses biens éparpillés. Les bâtiments se transformèrent alors en carrière de pierres pour les habitants des environs qui s’accaparèrent jusqu’aux chapiteaux des cloîtres.

Elle ne se relève de ses ruines qu’au début du 20ème siècle. En 1902, l’évêque de Perpignan entreprend  la reconstruction du monastère, dont il ne reste que le clocher, l’église à 3 nefs dont la voûte en plein cintre est effondrée, et trois galeries du cloître inférieur. De 1952 à 1983, dom Bernard de Chabannes achève la restauration de l’abbaye et y rétablit la vie spirituelle en y installant la Communauté des Béatitudes.

La Communauté des Béatitudes

La Communauté des Béatitudes a pour mission de prier et d’accueillir fidèles et touristes. C’est une communauté mixte nées dans l’Eglise Catholique à la suite du Concile Vatican II et dans la mouvance du Renouveau charismatique. Issue de l’initiative de deux couples en 1973, elle est en passe de devenir une nouvelle famille ecclésiale de vie consacrée. Elle rassemble en son sein personnes mariées, personnes seules, prêtres, moines et moniales. La communauté reçoit également des personnes désireuses de vivre quelques jours de retraite spirituelle.

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Architecture de l’abbatiale

La révolution architecturale du premier art roman est de couvrir de pierre l’ensemble de l’édifice. Cette évolution entraîne la division de la nef en 3 travées pour recevoir correctement les arcs doubleaux supportant des voûtes en plein cintre. L’architecte de Saint-Martin du Canigou commence à employer ces nouvelles connaissances.

La particularité de l’abbatiale est de superposer deux églises. Ce qui est très rare. Ce qui est rare également est la présence d’une chapelle haute, la chapelle de saint Michel, dans un clocher indépendant de style lombard. L’église inférieure presque enterrée, creusée en partie dans le rocher est dédiée à la Vierge Marie. Composée de trois nefs voûtées sa hauteur ne dépasse pas les 3 mètres. Sa partie la plus ancienne (997-1009) est couverte de voûtes d’arêtes supportées par des colonnes. Sa partie datant du 11ème siècle innove, en faisant supporter les arcs doubleaux de ses voûtes en berceau par des piliers cruciformes.

L’église supérieure consacrée à Saint Martin, ne reprend l’évolution technique des piliers du niveau inférieur que dans ses 3ème et 4ème travées. Les 2 premières sont soutenues par des colonnes monolithes. Son chevet est formé de 3 absides. Plus tardivement, on y adjoindra une 4ème chapelle-abside afin d’y placer les reliques de saint Gaudérique.

Le cloître

Le cloître à l’origine comportait 2 niveaux. Ne subsiste au niveau inférieur que trois galeries fortement restaurées. La galerie Sud a été entièrement refaite et on y a intégré des chapiteaux sculptés de l’ancien étage disparu. Ces chapiteaux volés lors de la Révolution française furent récupérés dans les villages voisins.

Ils sont de deux époques  et styles différents. Un premier groupe, taillé dans un marbre blanc, date des années 1170. Les chapiteaux sont ornés de lions massifs et d’oiseaux affrontés. L’autre ensemble est sculpté dans un marbre rose-vert de Villefranche-de-Conflent et provient d’un atelier du roman tardif (13ème siècle). Ils sont plus petits et plus larges que hauts. On y voit des lions, des béliers ailés et des têtes humaines très volumineuses .

Infos pratiques

Pour s’y rendre, il faut partir à pied de Casteil. Large chemin cimenté. En chemin on croisera la chapelle Saint-Benoit. Prévoir 45mn de marche pour  grimper les 300m de dénivelé. En saison estivale, en peut y monter en 4×4 avec chauffeur.
(réservation au 04 46 36 23 15)
L’abbaye étant habitée, seules des visites guidées sont possibles. Toutes les heures. Entrée payante: plein tarif 6 €. Les chiens ne sont pas admis dans l’abbatiale.
Les messes et offices sont ouverts à tous.
Pour tout renseignements : Tél. 33 (0)4 68 05 50 03