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Cathédrale Elne

La cathédrale d’Elne est la première cathédrale de la région. Elle fut le siège épiscopal du Roussillon jusqu’en 1602, lorsqu’il fut transféré à Perpignan. Construite du 11ème au 12ème siècle, la cathédrale est un monument majeur de l’art roman catalan. Elle est dédiée à sainte Julie et à sainte Eulalie de Mérida. Son cloître attenant est demeuré intact et rassemble en un seul monument, toute l’évolution de la sculpture médiévale en Roussillon.

Histoire

L’évêché d’Elne fut créé autour de l’an 571 par les Wisigoths. Son diocèse recouvrait le Roussillon, le Vallespir et le Conflent. L’hypothèse d’une ancienne cathédrale au lieu même de l’actuelle manque de preuves. Vaincus par les Sarrasins, les Wisigoths disparurent de la région. A partir du milieu du 8ème siècle, Charlemagne reconquis et pacifia progressivement la région. Le comté du Roussillon fut créé. Une cathédrale fut-elle construite ? L’histoire en est trop peu connue.

Les alliances féodales et la perte progressive de pouvoir des Carolingiens, firent agréger le comté du Roussillon à celui de Barcelone. Ainsi, à la fin du 10ème siècle, naquit la Catalogne. L’édifice actuel date du 11ème siècle. Consacré en 1069, il fut modifié continuellement, jusqu’au 13ème siècle.

A la fin du 13ème siècle, Philippe le Hardi, roi de France, entrepris sa « Croisade contre les Catalans ».  En lutte contre le roi d’Aragon et le comte de Barcelone, il prit la ville d’Elne et l’incendia en partie. La cathédrale en garde des traces, notamment sur le marbre de son portail. Après les réparations du désastre, les évêques d’Elne formèrent le projet d’agrandir leur cathédrale. La basilique pouvait paraître bien vieille et archaïque en cette période de gothique triomphant. Une collecte fut organisée. Mais les revenus furent trop faibles pour réaliser cette nouvelle cathédrale. Seul le chœur fut construit, celui-là même que l’on voit toujours de nos jours : un vaste chevet gothique à sept chapelle rayonnantes. Les fonds permirent également de remanier le bas côté Sud par l’adjonction de chapelles.

L’essor de la ville de Perpignan sous les rois de Majorque, marqua le déclin d’Elne. Ceux-ci avaient entrepris deux siècles plutôt la construction d’une église dédiée à Saint Jean-Baptiste. En 1602, l’Évêché changea de lieu, passant d’Elne à Perpignan, l’église Saint-Jean devint cathédrale.

La cathédrale : architecture

Ses dimensions sont impressionnantes pour un édifice roman. Sa longueur totale est de 49 mètres pour une largeur de 20m50 (sans les chapelles gothiques) et une hauteur de 16 mètres. L’édifice est bâti sur le plan basilical d’une église-halle, sans transept. Il est constitué d’une nef et deux bas-côtés, terminé chacun d’une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four.  La nef est voûtée en berceau plein cintre. La voûte est supportée par de lourds piliers cruciformes. Les piliers sont légèrement penchés vers l’avant et la corniche monte en s’éloignant par-dessus les grandes arcades pour améliorer la perspective.

La façade était initialement symétrique, les deux tours-clochers étant identiques. Mais le clocher Nord (droite) fut détruit et reconstruit plus pauvrement en brique. La façade possédait un mur pignon triangulaire qui a disparu lors de travaux de fortification du clocher au 15ème siècle. La façade fut surélevée et reçut un crénelage. Le mur de façade érigé en moellons irréguliers est dénué de tout ornement ce qui lui confère l’aspect austère d’une forteresse. Il est percé d’un portail roman en marbre de Céret, dépourvu, lui aussi, de toute sculpture ou décoration.

 

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Le cloître

Attenant à la cathédrale, se trouve un magnifique cloître. La légèreté et l’harmonie de ses fines colonnes de marbre et la luxuriance de ses chapiteaux contraste agréablement avec la stature massive et austère de la cathédrale. C’était le lieu de résidence des chanoines, clercs au service de l’Évêque.

Réalisé en plusieurs étapes, du 12ème au 14ème siècle, le cloître permet de suivre l’évolution de la sculpture médiévale : du roman à l’apogée du gothique roussillonnais. Bien que construites à différentes époques,  les quatre galeries du cloître présentent une unité architecturale harmonieuse. Les bâtisseurs successifs ont toujours respecté le schéma établi au 12ème siècle. Ils ont utilisé les mêmes techniques et le même matériau : le marbre blanc de Céret. Chaque galerie compte cinq piliers quadrangulaires et huit colonnes géminées réunies par des arcs en plein cintre.

Dans la salle capitulaire du cloître, il y a un petit musée où l’on peut admirer une armoire liturgique du 14ème siècle. Elle est décorée d’une superbe mise au tombeau.

Sculptures du cloître

Galerie Sud : L’ensemble sculptural le plus ancien et le plus remarquable se situe dans la galerie Sud. Il fut réalisé à la fin du 12ème siècle, peu après ceux de St Michel de Cuxa et de Serrabone. Côté jardin, les chapiteaux sont décorés de motifs végétaux : palmettes, feuilles d’acanthe et fleurs de lotus. Côté galerie, ils présentent le bestiaire classique de l’art roman :  aigles, bouquetins, lions, griffons, paons, sirènes… Un chapiteau est historié. C’est l’un des plus remarquables du cloître. Il représente la création d’Adam et Ève et leur exclusion du paradis. Les chapiteaux étaient peints.
Sur les piliers sont représentés diverses scènes tirés de la Bible ou de fabliaux. Sur le pilier central des scènes de la vie de Saint Pierre et de Saint Paul. Les personnages sont disproportionnés, leurs vêtements sont schématiques. Leurs yeux sont coulés au plomb, ce qui accentue l’intensité de vie. Sur un autre pilier l’on voit trois chevaliers, accompagnés de leurs écuyers. Un baron assis saisit l’un des chevaliers par la poitrine. S’agit-il de l’Entrevue des Mages et d’Hérode ?

Galerie Ouest : Les sculptures de la galerie Ouest sont des répliques maladroites de celles de la galerie Sud. On retrouve la scène des trois chevaliers, Adam et Eve etc. Elles datent du milieu du 13ème siècle. Sur les derniers chapiteaux le style devient plus fin et marque le départ du gothique.

Galerie Nord : La galerie Nord, légèrement postérieure, date de la fin du 13ème siècle. Des chapiteaux romans et des chapiteaux gothiques coexistent. L’ensemble sculptural reprend en grande partie le programme iconographique de la galerie Sud. Mais les œuvres gothiques sont plus inspirées. Les motifs végétaux évoluent vers plus de naturalisme. Feuilles de lierre, de marronnier, de figuier, de chêne ou de platane forment un véritable herbier. Sur le pilier central, cette fois, c’est le martyre de sainte Eulalie et sainte Julie qui est illustré.

Galerie Est : La galerie Est, la plus récente date du début du 14ème siècle. Construite à l’apogée du gothique roussillonnais, elle est consacrée à la vie de la Vierge et du Christ.

Infos Pratiques

Plein tarif : 4,50 € Gratuit jusqu’à 12 ans.
Horaires :
Basse saison : du mardi au dimanche de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30.
Haute saison : tous les jours de 9h30 à 17h30.
Renseignements : 04.68.22.70.90